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Chômage et création d’entreprise : peut-on cumuler ?
Créer une entreprise lorsqu’on est au chômage peut être un excellent moyen de rebondir professionnellement tout en sécurisant ses revenus. Mais la question revient souvent : peut-on cumuler les allocations chômage avec une activité entrepreneuriale ?
La bonne nouvelle, c’est que oui, c’est possible, sous certaines conditions, et avec plusieurs dispositifs spécifiques. Dans cet article, on vous explique en détail les règles, les options qui s’offrent à vous et les points de vigilance pour faire le bon choix.
📖 De quoi s’agit-il ?
Le cumul chômage et création d’entreprise désigne le fait de lancer une activité indépendante (micro-entreprise, société, entreprise individuelle, etc.) tout en continuant à percevoir tout ou partie de ses allocations chômage.
Ce cumul est encadré par Pôle emploi et nécessite de respecter des conditions précises pour ne pas perdre ses droits.
✅ Est-il possible de cumuler ?
Oui, un demandeur d’emploi peut cumuler ses allocations chômage avec la création d’une entreprise, mais ce cumul est strictement encadré par les règles de France Travail (ex-Pôle emploi). L’objectif est de permettre aux créateurs d’entreprise de sécuriser leurs revenus pendant la phase de lancement, tout en leur donnant le temps de développer leur activité.
Le cumul peut prendre deux formes principales :
Maintien partiel ou total des allocations ARE : vous continuez à percevoir une partie de vos indemnités chaque mois, en fonction des revenus générés par votre entreprise.
Versement en capital via l’ARCE : vous percevez une partie de vos droits restants en deux versements, ce qui vous fournit une trésorerie de départ.
Bon à savoir
La plupart des créateurs d’entreprise choisissent de démarrer avec l’ARE pour tester leur projet tout en conservant un revenu, puis basculent éventuellement sur l’ARCE lorsqu’ils ont besoin de financer un investissement ou d’augmenter leur fonds de roulement.
📌 À retenir :
- Le cumul est possible mais jamais automatique : il nécessite une déclaration à France Travail et parfois l’envoi de justificatifs.
- Les revenus d’activité réduisent le montant mensuel de vos allocations, sauf si vous ne vous versez pas encore de rémunération.
- Vous devez choisir le dispositif (ARE ou ARCE) en fonction de votre situation, car il n’est pas possible de cumuler les deux intégralement sur la durée.
📝 Les conditions à remplir
Pour pouvoir cumuler vos allocations chômage avec la création ou la reprise d’une entreprise, il ne suffit pas d’être porteur de projet : il faut répondre à un ensemble de critères fixés par France Travail.
En pratique, vous devez :
- Être allocataire de l’ARE au moment où vous créez ou reprenez l’entreprise (ou être en mesure de l’activer si vous êtes encore en période de différé ou de carence).
- Lancer votre activité pendant votre période d’indemnisation : si vos droits sont déjà épuisés, vous ne pourrez pas en bénéficier.
- Rester inscrit comme demandeur d’emploi et maintenir un suivi actif (actualisation mensuelle, réponse aux convocations, etc.).
- Fournir vos justificatifs de revenus à France Travail lorsque cela est demandé (relevés de chiffre d’affaires, attestations comptables…).
💡 Point clé : vos revenus d’entrepreneur seront pris en compte pour recalculer le montant mensuel de vos allocations. Un excès de revenus pourra réduire ou suspendre temporairement vos versements, mais vous ne perdez pas pour autant vos droits restants : ils peuvent être réactivés plus tard en cas d’arrêt ou de baisse d’activité.
📌 Cas particuliers :
- Si vous optez pour l’ARCE, vous devez avoir obtenu l’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) et fournir à France Travail un justificatif d’immatriculation de votre activité.
- Si vous maintenez l’ARE, il faudra déclarer chaque mois vos revenus, même s’ils sont nuls, pour ajustement du montant versé.
🔎 Comment sont calculées les allocations chômage ?
Lorsque vous cumulez une activité non salariée et l’ARE, le montant que vous recevez chaque mois de France Travail (ex-Pôle emploi) n’est pas fixe : il s’ajuste en fonction de vos revenus réels et des règles de calcul en vigueur.
Trois paramètres clés entrent en jeu :
Vos revenus issus de l’activité
- Ils doivent être déclarés chaque mois, même si vous êtes en micro-entreprise avec un chiffre d’affaires variable.
- France Travail applique un abattement forfaitaire pour estimer votre revenu net à partir du chiffre d’affaires déclaré (ex. : 71 % pour une activité de vente, 50 % pour des prestations de services commerciales, 34 % pour une activité libérale relevant des BNC).
Votre Salaire Journalier de Référence (SJR)
- C’est la base de calcul de vos droits, déterminée à partir de vos anciens salaires.
- Le montant brut journalier de l’ARE correspond à un pourcentage de ce SJR.
La règle de déduction
- Une partie de vos revenus est déduite de votre allocation mensuelle.
- Concrètement, le montant de l’ARE versé = ARE théorique – (revenu net estimé × coefficient de déduction).
💡 À retenir : le cumul partiel permet de prolonger la durée de vos droits. Si votre allocation mensuelle diminue, vos jours non indemnisés sont “mis en réserve” et peuvent être utilisés plus tard, tant que vous restez inscrit comme demandeur d’emploi.
📌 Bon réflexe : utilisez le simulateur officiel sur le site de France Travail pour anticiper vos revenus cumulés et éviter les mauvaises surprises. Cela vous permettra de mieux planifier vos charges et votre trésorerie en début d’activité.
💡 Les dispositifs existants
En tant que créateur ou repreneur d’entreprise indemnisé par France Travail, vous avez le choix entre plusieurs mécanismes d’aide pour sécuriser ou accélérer votre lancement. Le plus souvent, il faut opter entre un maintien partiel des allocations (ARE) ou un versement en capital (ARCE), mais d’autres aides peuvent venir en complément.
1️⃣ ARE – Maintien partiel des allocations
Le dispositif le plus courant. Vous restez inscrit comme demandeur d’emploi et continuez à percevoir chaque mois une partie de vos allocations chômage.
Comment ça marche ?
- Chaque mois, vous déclarez votre chiffre d’affaires ou vos revenus professionnels à France Travail.
- Une partie de ces revenus est déduite de votre ARE, ce qui réduit temporairement le montant perçu mais prolonge la durée totale de vos droits.
Avantages
- Sécurité financière régulière : un revenu minimum garanti le temps que l’activité décolle.
- Possibilité de tester son projet sans pression financière immédiate.
Limites
- Pas de capital immédiat pour investir.
- Obligation d’actualiser chaque mois et de fournir des justificatifs sur demande.
2️⃣ ARCE – Versement en capital
Ce dispositif permet de transformer vos droits restants en un capital versé en deux fois :
- 1er versement : 60 % de vos droits restants × 50 %, environ 45 jours après votre demande.
- 2e versement : 6 mois plus tard, si vous êtes toujours en activité.
Avantages
- Apport immédiat de trésorerie pour financer du matériel, des stocks ou du marketing.
- Liberté de gestion : plus d’actualisation mensuelle liée à l’ARE (mais maintien de certaines obligations administratives).
Limites
- Plus d’allocations mensuelles après le versement (sauf si vous renoncez à l’ARCE avant le 2e versement).
- Risque si le projet prend du temps à générer des revenus.
3️⃣ Autres aides et dispositifs complémentaires
- Aides régionales : certaines collectivités proposent des subventions ou prêts d’honneur pour les créateurs d’entreprise.
- Aides sectorielles : dispositifs spécifiques pour l’artisanat, l’innovation ou l’économie sociale et solidaire.
- ACRE : exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d’activité (souvent cumulable avec ARE ou ARCE).
💡 Astuce : Le choix entre ARE et ARCE dépend de votre besoin en trésorerie immédiate et de la vitesse prévue de développement de votre activité. Un entretien avec un conseiller France Travail ou un expert-comptable peut vous aider à décider.
🧩 Quel dispositif choisir ?
Le choix entre ARE et ARCE dépend avant tout de votre profil, de votre projet et de vos besoins financiers immédiats. Il n’existe pas de réponse unique : il faut analyser votre situation et vos objectifs avant de trancher.
🛡️ ARE – Le filet de sécurité
Idéal pour : les projets à montée en puissance progressive, ou les créateurs qui préfèrent sécuriser un revenu chaque mois.
Avantages : Maintien d’un revenu mensuel régulier.
Moins de pression sur la rentabilité immédiate.
Prolongement des droits grâce au calcul ajusté par France Travail.
À savoir : il faudra actualiser chaque mois vos revenus et fournir des justificatifs sur demande.
🚀 ARCE – Le coup de boost financier
Idéal pour : les projets nécessitant des investissements dès le départ (matériel, stocks, communication).
Avantages : Apport immédiat de liquidités.
Liberté d’utilisation du capital.
Plus d’actualisation mensuelle liée à l’ARE.
À savoir : après le versement, plus d’allocation mensuelle. Il faut donc bien anticiper le délai avant que l’activité génère des revenus.
Le mix possible
- Comment ça marche : vous démarrez avec le maintien de l’ARE pour tester votre activité, puis vous basculez vers l’ARCE en cours de route.
- Conditions : Faire la demande d’ARCE avant l’épuisement des droits ARE.
- Être toujours inscrit comme demandeur d’emploi au moment de la demande.
- Intérêt : permet de sécuriser les premiers mois tout en obtenant ensuite un capital pour accélérer le développement.
💡 Conseil Educademy : avant de décider, faites un prévisionnel de trésorerie. Comparez vos besoins financiers avec la durée de vos droits restants. Ce simple exercice permet souvent de clarifier le choix le plus avantageux pour votre situation.
📝 Comment déclarer ses revenus ?
Lorsque vous cumulez chômage et activité indépendante, la déclaration mensuelle à Pôle emploi est une étape cruciale. Elle conditionne le calcul précis de votre allocation et évite tout risque de trop-perçu.
L’actualisation mensuelle
Chaque mois, entre la fin et le début du mois suivant, vous devez :
- Vous connecter à votre espace Pôle emploi / France Travail.
- Indiquer le montant brut de vos revenus professionnels du mois précédent.
- Déclarer même si vos revenus sont nuls ce mois-là (important pour maintenir vos droits).
Les justificatifs à conserver
- Factures émises pendant la période.
- Relevés bancaires professionnels (si distincts).
Toute pièce attestant le montant exact généré, pour prouver vos déclarations en cas de contrôle.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Confondre encaissement et chiffre d’affaires généré : En micro-entreprise, vous déclarez le chiffre d’affaires encaissé. En société ou entreprise individuelle au réel, ce sera le revenu brut généré selon votre comptabilité.
- Oublier un mois d’actualisation : même sans revenus, une non-déclaration suspend vos droits.
- Déclarer un montant arrondi : indiquez toujours le montant exact, centimes compris, pour éviter les ajustements rétroactifs.
💡 Astuce Educademy : préparez un tableur simple ou utilisez un logiciel de facturation pour suivre votre chiffre d’affaires mois par mois. Vous aurez ainsi toutes les données prêtes pour l’actualisation, sans risque d’erreur.
💶 Quelles cotisations sociales ?
Même en cumulant chômage et activité indépendante, vos revenus professionnels restent soumis aux cotisations et contributions sociales. Ces prélèvements financent notamment votre couverture maladie, vos droits à la retraite, vos allocations familiales et, dans certains cas, la formation professionnelle.
Le principe général
Le cumul ARE ou ARCE avec votre activité ne vous dispense pas de payer vos cotisations.
Le taux et les modalités de calcul dépendent du statut juridique et du régime fiscal de votre entreprise.
En micro-entreprise
Cotisations calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, avec un taux fixe selon la nature de l’activité :
- 12,3 % pour la vente de marchandises,
- 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales,
- 21,1 % pour les professions libérales relevant de la CIPAV.
Paiement mensuel ou trimestriel à l’URSSAF selon l’option choisie.
En société ou entreprise individuelle classique
Les cotisations sont basées sur la rémunération nette que vous vous versez (si vous êtes travailleur non salarié) ou sur votre salaire brut (si assimilé salarié, comme en SASU).
Les taux varient fortement selon le statut social (TNS ou assimilé salarié).
Le coup de pouce ACRE
Si vous êtes éligible à l’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise (ACRE) :
- Vous bénéficiez d’un taux réduit de cotisations sociales pendant 12 mois.
- En micro-entreprise, le taux passe par exemple de 21,2 % à environ 10,6 % pour une prestation de services.
- Ce dispositif est cumulable avec l’ARE ou l’ARCE, ce qui peut considérablement améliorer votre trésorerie au démarrage.
💡 Astuce Educademy : même si vos cotisations sont réduites la première année grâce à l’ACRE, pensez à anticiper le retour au taux normal l’année suivante, afin d’éviter un choc de charges imprévu.
🛑 Que se passe-t-il en cas d’arrêt d’activité ?
Mettre fin à son activité indépendante n’est pas forcément synonyme de repartir de zéro sur le plan financier. Selon votre situation, vous pouvez réactiver vos droits au chômage et bénéficier d’un filet de sécurité.
Récupération des droits ARE non utilisés
- Si vous perceviez l’ARE avant de créer votre activité, il est possible de reprendre le versement des droits restants.
- La condition clé : vos droits doivent encore être ouverts au moment de la demande (ils expirent généralement au bout de 3 ans, prolongés de la durée des droits).
- Pôle emploi recalculera le montant et la durée restants, puis reprendra le versement mensuel.
Les démarches à effectuer
- Déclarer immédiatement la cessation ou la mise en sommeil de votre activité via votre espace personnel Pôle emploi ou lors de votre actualisation mensuelle.
- Fournir les justificatifs : radiation du registre (INSEE, CFE, URSSAF), dernier relevé de chiffre d’affaires, bilan comptable ou attestation de non-activité.
- Maintenir le lien avec votre conseiller afin d’accélérer la reprise du paiement.
Cas particuliers
- Si vous aviez opté pour l’ARCE (versement en capital), vous ne pouvez pas récupérer le solde en ARE, sauf si l’arrêt intervient avant d’avoir perçu la deuxième partie du capital (dans ce cas, elle peut encore être versée).
- Les revenus générés avant l’arrêt peuvent décaler le premier mois de reprise des ARE, le temps qu’ils soient pris en compte dans le calcul.
💡 Astuce Educademy : si vous sentez que votre activité est en difficulté, n’attendez pas le dernier moment pour en parler à Pôle emploi. Un arrêt anticipé et bien géré peut vous éviter de perdre des mois d’indemnisation.
✅ Conclusion
Cumuler chômage et création d’entreprise est une opportunité stratégique pour lancer son projet en limitant les risques financiers. Entre l’ARE, l’ARCE et les dispositifs complémentaires, il existe des solutions adaptées à chaque profil et à chaque rythme de développement. L’essentiel est de bien anticiper ses choix, comprendre les implications de chaque option et respecter les obligations déclaratives pour éviter toute mauvaise surprise.
💡 Chez Educademy, notre formation Création d’entreprise vous guide pas à pas, de l’idée jusqu’au lancement, en intégrant tous ces aspects financiers, juridiques et administratifs pour maximiser vos chances de réussite.
Questions fréquentes
Peut-on cumuler chômage et création d’entreprise si on a déjà commencé une activité avant l’inscription à France Travail ?
Oui, mais cela complique la situation. France Travail vérifiera si l’activité existait déjà avant la perte d’emploi et si elle était exercée de manière accessoire. Si l’activité devient principale, cela peut limiter ou supprimer le droit au cumul. Dans certains cas, un réexamen de votre dossier sera nécessaire pour déterminer vos droits résiduels.
Peut-on cumuler ces aides avec des subventions ou prêts bancaires ?
Absolument. Les allocations chômage ne bloquent pas l’accès à d’autres financements comme les prêts à taux zéro, les subventions régionales ou les prêts d’honneur. Cependant, il est important d’informer votre conseiller Pôle emploi de tout financement obtenu, car certains peuvent être considérés comme des revenus.
Est-il possible de passer de l’ARE à l’ARCE après le lancement ?
Oui, mais uniquement si vous en faites la demande avant d’avoir épuisé vos droits ARE. Le passage est souvent irréversible, il faut donc bien mesurer l’impact sur votre trésorerie et votre plan de financement. Une simulation chiffrée est fortement recommandée avant de prendre la décision.
Que se passe-t-il si mon entreprise ne génère pas de revenus au départ ?
Dans ce cas, vous pouvez continuer à percevoir l’intégralité de vos allocations chômage, à condition de déclarer zéro revenu lors de votre actualisation. Cela vous permet de vous concentrer sur le développement sans pression financière immédiate, tout en conservant vos droits.
Peut-on cumuler chômage et création d’entreprise à l’étranger ?
C’est possible uniquement si l’entreprise est créée dans un pays de l’Espace économique européen ou en Suisse, et sous certaines conditions. France Travail doit valider le maintien de vos droits et vérifier que vous restez inscrit comme demandeur d’emploi en France